Gander : la fraternité sans consignes
Un épisode de la série : « Survivre ensemble – Ce que les extrêmes révèlent du lien social »
10 récits réels, 10 situations-limites, 10 analyses anthropologiques pour penser ce qui nous relie quand tout vacille
11 septembre 2001. Les États-Unis ferment leur espace aérien. Trente-huit avions sont déroutés vers une ville canadienne inconnue du grand public : Gander, Terre-Neuve. En quelques heures, cette ville de 9 000 habitants accueille plus de 7 000 passagers. Pas de plan, pas d’instructions. Juste un élan.
Mais ce n’est pas juste une belle histoire. C’est une démonstration : une société peut générer de la solidarité spontanée sans qu’elle soit décrétée. Et ça, la sociologie peut l’expliquer.

Une société d’accueil improvisée
Les habitants ouvrent leurs maisons, leurs gymnases, leurs frigos. Ils hébergent, nourrissent, rassurent. Ils créent des listes, des tours de garde, des repas collectifs. Loin du chaos redouté, c’est une auto-organisation chaleureuse qui émerge.
Marcel Mauss parlait du don comme fondement du lien social. À Gander, le don s’est imposé comme réflexe.
Quand la norme précède la règle
Aucune institution n’a donné d’ordre. Et pourtant, les comportements se sont alignés. Les chercheurs en psychologie sociale l’ont observé : en contexte d’incertitude, les normes se créent par imitation et reconnaissance mutuelle.
Ici, le besoin de sens commun a prévalu sur la peur. On ne savait pas quoi faire… alors on a pris soin.
Une leçon politique
Dans un monde fracturé, Gander rappelle que la solidarité ne vient pas toujours d’en haut. Elle peut émerger d’un récit partagé, d’une histoire commune improvisée, d’un besoin d’agir ensemble. Ce n’était ni un plan d’urgence, ni une consigne. C’était un moment de société.
Ce texte a été généré par une intelligence parfois laborieuse… mais garantie 100% naturelle.
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Autrement dit, il s’agit moins de compter les enfants que de redonner au politique sa place dans la définition de ce qui fait la valeur d’un territoire. Sans cela, les courbes continueront de parler à la place des acteurs… et l’on continuera de confondre gestion et avenir. - La prospective organisationnelle
Face aux transformations rapides du travail, des organisations et de leurs environnements, la tentation est grande de chercher à prévoir l’avenir. Pourtant, l’incertitude contemporaine rend cette ambition largement illusoire. La prospective organisationnelle ne vise pas à prédire ce qui va arriver, mais à structurer une réflexion collective sur les futurs possibles, afin d’éclairer les décisions prises aujourd’hui. Il s’agit moins de produire des réponses que de poser de meilleures questions, en acceptant l’idée que l’avenir est ouvert, pluriel et conflictuel.