Le CAMC : une aventure intellectuelle
Le Centre d’anthropologie des mondes contemporains (CAMC) est un centre de recherche rattaché à l’EHESS, fondé en 1992 et installé au 54 boulevard Raspail à Paris, à l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales.
On y retrouve les noms de Gérard Althabe, Jean Bazin et Marc Augé, à l’origine du centre. D’autres chercheurs y sont associés : Michèle de La Pradelle, Emmanuel Terray, Alban Bensa, Jean Jamin, Jonathan Friedman… Ces affiliations ne relèvent pas d’une simple mention administrative. Elles renvoient à un collectif qui travaille, enseigne et publie dans un même espace.
Le CAMC sert aussi de cadre à de nombreux séminaires sur des thèmes variés : le regard, l’image, la personne, des séances consacrées à Jean Rouch… Le contemporain, le proche et le familier n’y sont pas traités comme des arrière-plans, mais comme desterrain à part entière.
Il ne s’agit pas d’une école au sens doctrinal. Aucun manifeste, aucune ligne théorique affichée. Le CAMC est plutôt de cadre d’un ensemble de pratiques : des enquêtes, des discussions, des mises à l’épreuve empiriques. Il accueille une attention constante aux situations ordinaires, au travail, aux formes sociales contemporaines.
C’est dans cet environnement que j’ai été accueilli durant ma thèse.
Ce fait relève de mon parcours personnel. Mais le cadre est objectivable. Travailler dans un centre où se tiennent des séminaires réguliers, où interviennent des chercheurs confirmés, où les objets sont discutés collectivement, produit des effets très concrets sur le travail doctoral. Les hypothèses sont questionnées. Les concepts doivent être précisés. Le terrain est constamment remis au centre.
Le CAMC a laissé des textes, des séminaires, des trajectoires de chercheurs. Cela suffit à en dire la qualité. Pour un doctorant, être accueilli dans un tel environnement, c’est faire sa thèse dans un cadre de travail exigeant, structuré et pleinement inscrit dans la vie intellectuelle de l’anthropologie contemporaine
